ORLAND(O)(A)
d’après l’oeuvre de Virginia Woolf
L’archipel ORLAND(O)(A) est une œuvre musicale et scénique
L’archipel ORLAND(O)(A) est une œuvre musicale et scénique immersive qui combine voix, instruments et électronique. Elle propose une expérience d’immersion dans le moment présent, partagée par les interprètes et le public.
Inspirée par la figure d’Orlando — être en perpétuelle transformation traversant les époques, les cultures et les identités — la pièce explore des états intermédiaires : entre intention et accident, entre bruit et langage, entre mémoire et instant. À l’image d’un archipel, elle se compose d’îlots sonores instables, en constante mutation.
Friederike Harmsen : voix
Jean-Marc Montera : guitares, électronique
György Jr Kurtag : synthétiseur, électronique
Pierre-Adrien Charpy : composition, claviers
Transformation, identité et flux
Tel un astéroïde, Orlando traverse le temps, les espaces et les langues, changeant de genre sans jamais perdre son identité : « same person, different gender ». Cette transformation continue devient un principe musical :
la musique n’est pas construite comme une succession d’objets, mais comme un passage d’un état sonore à un autre, une évolution permanente de textures.
La fluidité structure le rythme, les mélodies s’inspirent des langues traversées, et la voix navigue entre parole, récitation et chant. Elle explore une large palette expressive — du grave profond à des hauteurs transparentes — incarnant les multiples facettes du personnage.
Une musique du processus et du geste partagé
L’œuvre s’inscrit dans une pensée proche du principe audiotactile : la musique y est un acte en train de se faire, où composer, jouer et transformer le son sont indissociables.
Chaque performance est unique, non fixée, émergente.
Le geste musical n’est pas seulement corporel : il est distribué entre les interprètes, les dispositifs technologiques, l’espace et l’écoute collective. Cette notion de geste partagé fonde une pratique où la forme musicale naît des interactions et d’une co-adaptation constante entre humains et systèmes.
Comme dans l’improvisation, il s’agit de se mettre au service du moment présent, des autres et de la situation, tout en conservant une identité propre.
Une expérience immersive et participative / Ateliers
Le public fait partie intégrante de l’œuvre. Sa présence, ses déplacements et même sa respiration influencent le tissu sonore.
Certaines séquences prennent la forme de chœurs parlés, inspirés de la tragédie grecque, préparés en amont lors d’ateliers.
Ateliers et dimension pédagogique
Des ateliers accompagnent le projet et invitent le public à :
- expérimenter le moment présent à travers la pratique sonore
- explorer le temps comme expérience vécue
- questionner les rôles et identités, entrer dans un rôle puis s’en détacher
- développer une forme de création collective et participative
Dans cette perspective, la musique devient un espace de communication, de transformation et de “virtuosité sociale”, où chacun peut prendre part au processus créatif.
Biographies
Friederike Harmsen
La mezzo-soprano Friederike Harmsen explore l’opéra, le théâtre et la musique contemporaine avec une voix distinctive et une expressivité multiple. Son répertoire va du baroque à la musique contemporaine, en passant par le chant, le musical et les formes scéniques expérimentales.
La mezzo-soprano Friederike Harmsen explore l’opéra, le théâtre et la musique contemporaine avec une voix distinctive et une expressivité multiple. Son répertoire va du baroque à la musique contemporaine, en passant par le chant, le musical et les formes scéniques expérimentales.
Dès son plus jeune âge, elle a été fascinée par la scène, tant par le théâtre parlé que par l’opéra et le théâtre dansé. Cette passion l’a conduite à Berlin, où elle a étudié à la Université des Arts de Berlin. Après ses études, elle a entamé sa carrière de soliste et de professeure de chant.
Elle se concentre particulièrement sur le théâtre musical contemporain et a participé à de nombreuses créations mondiales, notamment à la Staatsoper Unter den Linden Berlin, à la Neuköllner Oper, au Berliner Opernpreis, à l’Opéra Contemporain de Berlin, au Schauspielhaus de Vienne et au Festival Steirischer Herbst.
Une collaboration marquante a été avec le metteur en scène Christoph Schlingensief, incluant des productions présentées à l’international, telles que l’oratorio fluxus Eine Kirche der Angst vor dem Fremden in mir, l’opéra readymade Mea Culpa et sa dernière production de théâtre musical Via Intolleranza II, jouée au Berliner Theatertreffen, au Holland Festival Amsterdam, au Helsinki Festival et au festival Politik im freien Theater au Staatsschauspiel Dresden.
Elle a fait ses débuts aux Festivals de Salzbourg en 2012 dans Faust I & II de Goethe, production ensuite présentée au Thalia Theater Hamburg, au Berliner Theatertreffen et au Festival d’Avignon. Parmi ses autres engagements figurent la Staatsoper Berlin, le Staatstheater Braunschweig, la Volksbühne Berlin, l’Elbphilharmonie Hamburg et le Schauspielhaus Zürich.
Elle interprète des œuvres de John Cage, Karlheinz Stockhausen, Oscar Strasnoy (Robinson), Mischa Spoliansky, Kurt Schwertsik (Die Reise der Eisprinzessin) et Cui (Gestiefelter Kater), dont Songbooks de Cage, les opéras de chambre de Strasnoy, la création de Fake Voices et d’autres productions contemporaines.
Parmi ses collaborations internationales figurent Mark Scheibe (Deutschlandsinfonie, film muet Dr. Mabuse avec le Filmorchester Babylon) et Girma Yifrashewa (The Silent Hearts, National Theatre Addis Ababa).
Aujourd’hui, Friederike Harmsen vit à Marseille, ville où se rencontrent cultures, langues et traditions musicales. Elle y développe de nouveaux projets avec des musicien·ne·s de différents horizons, entre chant classique, jazz, chanson et traditions vocales internationales.
Parallèlement à sa carrière scénique, elle partage son expérience à travers le coaching vocal et scénique, avec des chanteur·euse·s, comédien·ne·s et professionnels, pour développer la voix, la présence et l’expression sur scène comme dans la vie professionnelle.
Vita (version courte)
La mezzo-soprano Friederike Harmsen évolue entre opéra, théâtre et musique contemporaine. Elle a étudié à la Université des Arts de Berlin et participé à de nombreuses créations, notamment à la Staatsoper Unter den Linden Berlin, à la Neuköllner Oper, au Schauspielhaus de Vienne et au Festival Steirischer Herbst. En 2012, elle a fait ses débuts aux Festivals de Salzbourg dans Faust I & II de Goethe. Ses engagements l’ont ensuite menée à la Staatsoper Berlin, au Staatstheater Braunschweig, à la Volksbühne Berlin, à l’Elbphilharmonie Hamburg et au Schauspielhaus Zürich. Aujourd’hui, elle vit à Marseille, où elle développe des projets mêlant chant classique, jazz, chanson et théâtre musical contemporain.
Pierre-Adrien Charpy
À l’écoute du présent, sensible aux remous de son époque, elle déploie ses racines à travers l’histoire de la musique et se ramifie dans la recherche des nouvelles lutheries, de l’électronique aux instruments à son hybride.
Parmi la soixantaine de pièces à son actif se côtoient des oeuvres purement instrumentales, pour formation traditionnelle, ensemble de chambre ou orchestre à grand effectif, d’autres pour instruments dits «anciens», non occidentaux et issus de la révolution numérique.
Sa formation et sa pratique d’organiste le rapprochent de ses interprètes, parmi lesquels se retrouvent régulièrement des compagnons de longue route : la chanteuse Raphaële Kennedy, son épouse, avec qui il a fondé l’ensemble Da Pacem, spécialisé dans la musique ancienne, la création contemporaine et le dialogue des cultures ; les musiciens Vincent Bouchot, Serge Bertocchi, Camilla Hoitenga, Valérie Dulac, Marylise Florid, Thomas Keck, Anaïs Gaudemard, Anne Etienvre, Jean-Jacques Bédikian, Vincent Beer-Demander, le duo Leroy/Moubarak, le HOP!trio, les Solistes XXI (direction Rachid Safir), Musicatreize (direction Roland Hayrabédian), Télémaque (direction Raoul Lay), l’ensemble Êkheìa.
Il développe également des partenariats privilégiés avec des musiciens de tradition orale (notamment le balafoniste Moussa Héma) ou issus d’autres domaines comme la poésie (Régis Lefort), la danse (Compagnie Boutabou), la gastronomie (Emmanuel Perrodin), la photographie et la vidéo (Isabelle Françaix) dans le cadre de spectacles pluridisciplinaires ou multimédias. En 2023 il signe la bande originale du film documentaire Le mur de la Dauphine d’Alain Boeuf.
Sa musique a été donnée dans différents pays, lieux et festivals prestigieux tels l’amphithéâtre de l’Opéra Bastille et la cathédrale Notre-Dame de Paris, le festival Georges Enescu de Bucarest, la Biennale de Venise, l’International Spring Festival.
György Kurtág Jr.
Il considère Péter Eötvös, Mesías Maiguashca et Ferenc Grünwalsky, ainsi que David Wessel et Barre Phillips, comme ses maîtres.
Jean-Marc Montera
Guitariste français issu du rock, spécialiste de l’improvisation libre et de l’expérimentation sonore, Jean-Marc Montera utilise tout le registre des cordes amplifiées et acoustiques – résonances, percussions, distorsions, extensions et détournements en tout genre. Parmi les musiciens les plus actifs dans le champ des musiques improvisées, il multiplie depuis les années 1970 les rencontres et les contacts avec d’autres univers artistiques jusqu’à rendre de plus en plus floue la « barrière » entre les genres.
Il réalise en outre de nombreuses de collaboration avec le théâtre, Hubert Colas, Jean-Claude Berutti, Peter Palitzsch, Alexandra Tobelaim…, la danse, Odile Duboc, collectif Skalen, et les arts plastiques, Piotr Klemensiewicz, Sandy Amério, Lionel Scoccimaro, Richard Baquié…, l’image, Laure Verluise, Salvo Cuccia, José Cesarini, Olivier Assayas….
Il se produit en solo et dans différentes formations : Duo avec Jean-François Pauvros (guitare), en duo avec Christian Sebille (électronique, traitement live) The Room (avec Sophie Gonthier voix), Loas (duo de guitares avec Nico Morcillo – Hifiklub), et Edmond Hosdikian (sax, électronique) …
Il a fondé l’Ensemble d’Improvisateurs Européens (Hans Koch, Thomas Lehn, Hélène Breschand, Daan Vandewalle, Lelio Giannetto, Chris Cutler et Taavi Kerikmaé) ensemble dédié à l’interprétation de partitions graphiques.
Il collabore notamment avec Fred Frith, André Jaume, Barre Phillips, Loren Mazzacane Connors, Thurston Moore, Lee Ranaldo, Louis Sclavis, Edmond Hosdikian, Rova Saxophone Quartet, Pauline Oliveros, Gérard Siracusa, Pablo Cueco, Ramuntcho Matta, Floros Floridis, Carlos Zingaro, Paul Lovens, Christian Wolff, My Cat Is An Alien, Famoudou Don Moyé de l’Art Ensemble of Chicago… Invité occasionnel de Sonic Youth et Patti Smith.
Il est à l’initiative du Marseille Labo Band, ensemble musiciennes et musiciens réunis régulièrement pour des séances de travail autour de l’improvisation.
Il est présent sur une trentaine de disques, les derniers en date étant What’s Up? (2013) autour des femmes poètes de la Beat Generation, 13 import duo avec Fanny Paccoud, Union Of The Supreme Light (2016) avec My Cat is An Alien, un duo avec Jean-François Pauvros (2017). Ce dernier est sorti comme premier opus, sur son label The End mAde RecordS, pour lequel il conçoit et réalise les pochettes, tirées à 33 exemplaires en vinyle.
Jean-Marc Montera est co-fondateur du GRIM (Groupe de Recherche et d’Improvisation Musicales) créé en 1978. Il s’associe en 1999 avec l’auteur metteur en scène Hubert Colas, pour fonder Montévidéo, centre de créations contemporaines à Marseille. En janvier 2016 le Grim fusionne avec le gmem-Centre National de Création Musicale, dont il devient artiste associé.
La distance qui sépare ces deux outils de production sonore se réduit de plus en plus au fik du temps, pour ne pas dire qu’elle est quasiment réduite à néant dans certains cas.
Concernant ma guitare de table, (home made instrument) il s’agit d’une construction totalement artisanale. Une pièce de bois d’environ 80X10 cm, dotée de deux micros indépendants situés aux extrémités avec une sortie autonome. Un ou deux chevalets mobiles permettent en temps réel d’en modifier le diapason. Elle inspirée par le koto (instrument à cordes pincées asiatique) et le Pedalsteel (instrument à cordes utilisé initialement dans la Country music et autres – cf Pink Floyd – jué avec un bottel neck). Quelques pédales d’effets (distorsions, delay, looper …) et des objets usuels détournés de leur destination première ( éponge métallique, pièces de métal, de verre, pinceau …) constituent une palette sonore inhabituelle proche de ce que peuvent produire les lutherie électronique. Détournés de leur fonction originelle ils deviennent des objets sonore à part entière.
Pierre-Adrien Charpy


